L'objet de cette série d'expériences est de mettre en évidence la nature des
interactions qui existent entre composé-éluant-support lors d'une chromatographie sur
couche mince (CCM).
Les CCM seront réalisées sur plaque de silice. On rappelle que les plaques de silice
sont des supports classiques de CCM (avec l'alumine). On choisit de préférence la silice
pour les CCM de composés acides, l'alumine pour les CCM de composés basiques, la silice
étant de loin la plus employée. On utilise aussi des supports en cellulose mais
uniquement pour les composés très polaires (sucres, acides aminés). La silice possède
comme sites actifs le groupement Si-O-H.
Deux constatations s'imposent :
- cette liaison est polaire
- elle peut créer des liaisons hydrogènes
Question 1. Justifier ces deux propositions.
Afin d'effectuer des comparaisons, nous avons choisi de nous limiter aux composés
nitrés du phénol (o-nitrophénol ; m-nitrophénol ; p-nitrophénol), au phénol, à
l'o-nitroanisole et au nitrobenzène.
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| Phénol |
Nitrophénol |
m-nitrophénol |
p-nitrophénol |
Étant donné la structure de ces composés, on peut déjà se douter que
les liaisons hydrogènes interviendront lors de l'élution.
Afin de vérifier les hypothèses concernant le véritable statut de la liaison
hydrogène dans le système composé - éluant - support, nous allons réaliser les trois
expériences suivantes.
Expérience 1 : influence des pKa
On rappelle que le caractère plus ou moins donneur d'une liaison H est caractérisé
par le pKa du composé. Nous donnons ici les valeurs des pKa de quelques composés.
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phénol |
o-nitrophénol |
m-nitrophénol |
p-nitrophénol |
pKa |
9,89 |
7,17 |
8,28 |
7,15 |
Question 2. Justifier rapidement les valeurs relatives des pKa.
Expérience 2 : influence de l'encombrement stérique
La liaison hydrogène nest peut être pas la seule orgine des interactions.. De
façon à voir si un encombrement stérique peut être responsable de certaines élutions
particulières, nous allons former les acétates de phénols.
CH3-CO-Cl + Ar-OH ® Ar -O-CO-CH3
+ HCl
Expérience 3 : influence de la polarité du solvant
Nous allons changer la nature du solvant en remplaçant le chlorure de méthylène par
des solvants possédant un hétéroatome : THF ou diéthyléther.
Cet hétéroatome de l'éluant (O, pour R-O-R) est susceptible de créer une liaison
hydrogène ( ... ) avec, soit le support (SiOH) , soit le composé phénolique (PhOH). Le
schéma d'échange sera le suivant :
SiOH ... PhOH + 2 R-O-R
¯
SiOH ... R-O-R + PhOH ... R-O-R
L'aptitude qu'ont les solvants de se lier avec les phénols décroît dans l'ordre
suivant :
THF > Diéthyléther >> Chlorure de méthylène
Le THF sera donc plus susceptible d'emmener un composé possédant une liaison H
disponible.
Le p-nitrophénol ayant le même type de comportement que l'o-nitrophénol, nous le
remplacerons par de l'o-nitroanisole.
Expérience 2 : influence de l'encombrement stérique
Conversion en acétates : déposer comme précédemment une goutte de o-, m-, et
p-nitrophénol sur une plaque 3 ´ 6 cm. Déposer en suite une
goutte de chlorure d'acétyle directement sur chaque tache. Laisser sécher (10 min) puis
laisser éluer. On obtient le chromatogramme suivant.
1 : o-nitrophénol ; 2 : m-nitrophénol ; 3 :
p-nitrophénol.
Eluant : chlorure de méthylène-pentane 40 : 60.
Question 5. Quelle est la conclusion qui s'impose ?
Expérience 3 : influence de la nature du solvant
Reprendre le mode opératoire de l'expérience 1 en remplaçant le p-nitrophénol par
de l'o-nitroanisole. Les trois éluants sont des mélanges 40 : 60 solvant / pentane.
Voici un exemple des trois chromatogrammes obtenus.
I : éluant chlorure de méthylène-pentane, 40 : 60.
1 : nitrobenzène ; 2 : phénol ; 3 : o-nitrophénol ; 4 : o-nitroanisole ; 5 :
m-nitrophénol.
II : éluant éther-pentane, 40 : 60.
1 : nitrobenzène ; 2 : phénol ; 3 : o-nitrophénol ; 4 : o-nitroanisole ; 5 :
m-nitrophénol.
III : éluant THF-pentane 40 : 60.
1 : nitrobenzène ; 2 : phénol ; 3 : o-nitrophénol ; 4 : o-nitroanisole ; 5 :
m-nitrophénol.
Questions 6. Influence des solvants.
6.a. Dans le chromatogramme I, comparer la position de 3 et 4.
6.b. Comparer les positions de 1 et 3 dans les chromatogrammes I, II et III.
6.c. Dans les chromatogrammes I, II et III, comparer la position relative de 2 et
4.
Question 7. Conclure