Réponses
Question 1
De façon à justifier le caractère polaire de la liaison, on compare les
électronégativités des atomes (selon Allred et Rochow).
c (Si) = 1,74 c
(O) = 3,50 c (H) = 2,20
Du fait des écarts importants délectronégativité, on conclue que les liaison
Si-O et O-H sont polaires.
Lhydrogène du groupement OH est de plus susceptible dêtre engagé dans
une liaison hydrogène (site H donneur). Loxygène de la solice étant lui
susceptible de recevoir une liaison hydrohène (site H accepteur).
Question 2
Le groupement nitro est électroattracteur. Les électrons de la liaison O-H sont donc
plus facilement délocalisés sur l'oxygène, ce qui rend les nitrophénols plus acides.
Parmi ces dérivés, l'ortho et le para nitrophénol ont une acidité sensiblement
identique. Ceci est dû aux structures de résonance stabilisant l'anion phénate.
| Résonance de l'o-nitrophénol |
Résonance du p-nitrophénol |
 |
 |
Remarque : au plus l'anion phénate est stable, au plus sa proportion est importante,
au plus l'acide sera fort.
Question 3
La benzophénone colore la solution en bleu lorsque celle-ci est complètement anhydre.
La benzophénone se fait arracher un proton par le sodium pour former un radical anion de
couleur intense bleue (complexe à transfert de charge avec le solvant). Le dianion est de
couleur violette.
| Benzophénone |
Radical anion benzophénate |
Dianion benzophénate |
 |
 |
 |
Question 4
On remarque que 1, 2, 4 et 5 sont disposés dans le même ordre que celui des pKa. On
devrait sattendre à ce que lo-nitrophénol et le p-nitrophénol, de pKa
proches aient des Rf proches. Ce nest pas le cas, interprétations possibles:
1 : Le nitrobenzène est peu retenu par la silice. La liaison hydrogène entre le
groupement nitro et Si-O-H est en effet peu intense.
2 : Le phénol est le moins retenu des
dérivés phénoliques. Ceci peut s'expliquer par son pKa, c'est-à-dire l'aptitude du
groupement OH du phénol à se lier à la silice.
4 : Le m-nitrobenzène se lie à la silice par liaison H. Cette liaison H est moins
intense (voir pKa) que pour le phénol.
5 : Pour le p-nitrophénol, la considérations sont les mêmes que pour le
m-nitrobenzène, mise à part la valeur du pKa encore plus faible.
3 : L'o-nitrophénol est le cas
particulier. Deux origines peuvent-être proposées : liaison hydrogène ou contrainte
stérique. Il peut en effet être sujet à une liaison H intramoléculaire.
Cette liaison ne peut plus s'appliquer avec le support : l'o-nitrophénol est alors
élué sans être retenu.
Question 5
L'ordre est le même. L'encombrement stérique n'est donc pas un argument : la liaison
hydrogène semble t-être l'origine du phénomène.
Question 6.a
L'o-nitroanisole est moins polaire que l'o-nitrophénol. Néanmoins il est davantage
sujet à une liaison hydrogène intermoléculaire. En effet, dans lo-nitrophénol,
la liaison hydrogène qui existe entre lhydroxyle du phénol et loxygène du
groupement nitro appauvrit le caractère H-accepteur du groupement nitro et du groupement
hydroxyle. La liaison hydrogène intramoléculaire est presque inexistante dans
lo-nitroanisole. Lhydrogène donneur du groupement SiOH joue le rôle de
donneur d'hydrogène.
Question 6.b
Les positions sont inversées, mais restent sensiblement identiques. Ceci met en
évidence que l'o-nitrophénol, quelque soit le milieu, n'est pas un bon H-donneur.
Question 6.c
On remarque que lo-nitroanisole est moins entraîné avec un solvant H accepteur
: en effet, l'o-nitroanisole ne possède pas d'hydrogène labile.
On remarque que le phénol est plus entraîné par un solvant H accepteur. Ceci
s'explique par le caractère fortement acide du proton du phénol (pKa = 9,89).
Question 7
Nous venons de mettre en évidence que la liaison hydrogène tient un rôle essentiel
dans la CCM des phénols. Nous conclurons en précisant quà aucun moment, le
moindre aspect prédictif quantitatif na pu être effectué. La CCM fournit des
renseignements à titre comparatif, mais ne peut pas être modélisée de façon simple.
Cette technique reste très puissante, dun emploi aisé mais les interprétations
des principes de la CCM resteront toujours du domaine de limprévisible, trop de
facteurs étant mis en jeu.