Le noyau atomique
Mise en évidence de lexistence du noyau atomique
C'est Rutherford qui
le premier a mis en évidence l'existence de zones particulières dans la matière et donc
dans l'atome où sont concentrées des particules de charges positives qui seront
appelées ensuite protons.
L'expérience de Rutherford consista à bombarder une fine feuille d'or par des noyaux
dHélium (He2+). En étudiant les trajectoires de ces noyaux d'hélium,
il constata que dans une large mesure ils traversaient la feuille mais que dans certaines
zones, régulièrement espacées, les noyaux ne passaient pas : il venait de mettre en
évidence la structure lacunaire de la matière et en déduisit l'existence du noyau
atomique où se concentraient les charges positives, les protons.
Le proton avait été partiellement mis en évidence en 1886 par Eugen Goldstein. Ce n'est
qu'en 1932 que Chadwick mettra
en évidence l'existence du neutron comme particule constitutive de l'atome.
Forme et volume
On considère en première approximation que le noyau est de forme sphérique et de
volume incompressible.
Le volume du noyau d'hydrogène est noté V0 :
V0 = 4/3 p r3 ; r0
= 1,2 fm
Dans une loi approximative, on considère que le volume du noyau atomique est
proportionnel au nombre de nucléons qui composent le noyau :
V = A.Vo
On en déduit
r = ro.A1/3
Relation que l'on peut utiliser pour prévoir le rayon moyen des noyaux atomiques de
nucléides donnés :
r(4He) = 1,9 fm ; r(56Fe) = 4,5 fm ; r(238U)
= 7,4 fm
Comparaison des dimensions du noyau et de latome
Le rayon du noyau est de lordre du fm. Le rayon de l'atome est de lordre du
100 pm : il existe donc un rapport de 10 000 à 100 000 sur les rayons. On en
déduit que la matière est, à l'échelle atomique, de structure lacunaire.
Masse volumique du noyau
r = m / V = m (nucléon) / V (nucléon)
= 1,67.10-27 / (4/3 .pi.(1,2 10-15 )3)
= 230 1015 kg / m3.
= 230 000 T.mm-3.
| |
Proton |
Neutron |
| Symbole |
H+ ; 11 p |
10 n |
| Masse |
» 1,673 10-27 kg
1,007276 u
938,3 Mev / c² |
» 1,675 10-27 kg
1.008665 u
939,8 Mev /c² |
| Charge |
+ 1,6 10-19 C |
0 |
| Rayon |
1,2 fm |
1,2 fm |
| Nombre |
Z : n° atomique ou nb de charge : caractérise
lélément |
A : nombre de masse
A = N + Z
A » masse de latome en u |
Remarque : une théorie précise que les nuléons
sont composés de quarks : p = u+u+d ; n = d+d+u ; d = 2/3, u = -1/3. Les
e- sont eux des particules élémentaires.
Elément : ensemble des noyaux (atomes) de même nombre Z. 112
connus consignés dans la CPEM.
Nucléide : noyau (atome) caractérisé par un A et Z : AZX.
1500 connus dont 1200 dinstables (radioactifs).
Mise en évidence des isotopes
Des isotopes sont des nucléides de même Z et de A différents, par exemple :
126C, 136C, 146C,
157N, 147N, 23592U, 23892U.
Les isotopes ont les mêmes propriétés chimiques (exceptées des différences de
cinétique de réaction décelables dans certaines conditions).
Quelques propriétés physiques diffèrent : toutes celles qui dépendent de la
masse et des caractéristiques radioactives.
Identification et séparation des isotopes
- Spectrographie de masse. Méthode de séparation très précise.
- Effusion gazeuse. Séparation à travers des pores : la vitesse
deffusion suit la loi de Graham : v = k / Ö M.
Application à la séparation des hexafluorures duranium pour lenrichissement
isotopique du combustible nucléaire.
- Ultracentrifugation. Ultracentrifugation à 100 000 tr/min. Les isotopes les plus
lourd sont concentrés dans le fond du tube.
- Diffusion thermique. Fil chaud dans une colonne. Séparation 35-Cl / 37- Cl.
- Distillation fractionnée. La vitesse dévaporation µ
1 / M. On sépare ainsi D2O de H2O.
- Electrolyse. Vitesse de migration dépend de la masse.On sépare ainsi D2O
de H2O.
- Séparation par laser. Rupture de liaison à lintérieure dune
molécule en réglant la fréquence du laser sur la fréquence de vibration de la liaison.
Les molécules dun isotope donné restent intactes, les autres sont fragmentées.
Intérêt des traceurs radioactifs
On s'en sert pour la datation, comme pour le marquage isotopique utilisé en médecine
aussi bien qu'en chimie organique pour l'élucidation des mécanismes réactionnels.
Bibliographie
Nucléons
- Tith K. et Schäfer A. 1999 - Le spin des nucléons - Pour la
Science, 262, p. 82-89.
Quark
- Liss T. et Tipton P. 1997 - La découverte du quark top - Pour la
Science, 240, p. 68-74.
Isotopes
- Martin M.L. 1990 - Les isotopes au service de la qualité - Bull.
Un. Phys., 725, p. 793-811. Généralités sur les isotopes, fractionnement
isotopique naturel, utilisation pour l'élucidation des mécanismes réactionnels,
assurance-qualité.
Bibliographie
- Klanner R. 2001 - La vie intérieure du proton - Pour
la Science, 284, p. 86-93.
Bibliographie expérimentale
- O'Malley R.M. 1982 - The Determination of the Natural Abundance of the
Isotopes of Chlorine. An Introductory Experiment in Mass Spectroscopy - J. Chem. Ed.,
59, p. 1073-1076.
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