Spectroscopie infrarouge
Ci-contre,
un exemple de spectre infra-rouge. Ce spectre IR représente les variations de la
transmission (T, %) de l'intensité de l'onde absorbée en fonction du nombre d'onde (s , cm-1) de cette onde.
Les énergies utilisées en spectroscopie IR sont moins importantes qu'en spectroscopie UV-visible. Cette énergie ne
sert plus à exciter les électrons de valence mais à exciter les différents modes de
vibrations des liaisons. Ceci a pour conséquence la déformation ou l'allongement
des liaisons. La déformation nécessite moins d'énergie que l'élongation. On trouve en
effet les vibrations de déformations pour un nombre d'onde compris entre 600 et 1500 cm-1,
tandis que les vibrations d'élongations se trouvent entre 1500 et 4000 cm-1.
Les spectres IR montrent aussi certaines bandes particulières comme les
harmoniques et les bandes de Fermi.
Modes de vibration
Remarque préliminaire.
Dans la plupart des ouvrages, les modes de déformation sont donnés en
anglais.
Nous les feront figurer entre parenthèses.
On distingue deux mode de déformation : les vibrations d'allongement
(stretching) et les vibrations de déformation (bending).
Nous illustrerons notre propos sur un exemple de type AXY, trois atomes non alignés.




1. Vibrations d'allongement ou d'élongation
Pour un système à trois atomes non alignés on a 2 modes de vibrations d'allongement
: une vibration symétrique et une antisymétrique. Il existera une fréquence pour chacun
de ces deux modes.
Vibrations dallongements symétrique et antisymétrique
| Vibration symétrique (ns) |
Vibration antisymétrique (nas) |

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2. Vibrations de déformation
On distingue les déformations dans le plan et les déformations hors du plan.
| Rotation b (rocking) |
Cisaillement d (scissoring) |
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- Déformation hors du plan.
Vibrations de déformation hors plan
| Balancement w (wagging) |
Torsion t (twisting) |

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Sachant qu'à chaque vibration correspond une bande sur le spectre, un spectre IR
devient rapidement complexe.
Certaines bandes sont néanmoins atténuées ou éliminées, à cause des faits suivant
:
- si la vibration n'entraîne pas de variation du moment dipolaire (cas des molécules à
haute symétrie),
- si les vibrations se produisent à des fréquences trop proches,
- si l'absorption est trop faible.
Condition d'obtention de pics
La mécanique quantique nous montre que seules les transitions vibrationnelles au cours
desquelles il y variation du moment dipolaire de la molécule peuvent faire apparaître un
pic d'absorption en IR. Une technique complémentaire de la spectroscopie IR, la
spectroscopie Raman, peut elle faire apparaître ces pics. On précise que la
spectroscopie Raman est basée sur une technique de diffusion ; la diffusion se fait avec
échange d'énergie et cette variation d'énergie (quantifiée) est mesurée par un
détecteur.
Modélisation des liaisons
Le modèle utilisé est celui de l'oscillateur harmonique.
Ce modèle est limité mais permet de faciliter la compréhension des phénomènes
observés en spectroscopie IR.
Energie de vibration
Lénergie de vibration Ev est quantifiée : Ev = hn
V . (v + ½) ; n V : fréquence
vibratoire ; v : nombre quantique de vibration, v = 0, 1, 2, 3... Dans létat
fondamental : EV° = ½ h n V
Lénergie de transition entre le niveau vibrationnel fondamental v = 0 et un
niveau vibrationnel v quelconque : E = hn = hn V . (v + ½) - hn V
. (½) = hn V . v
Un spectre dabsorption (en IR) est donc consititué de la fréquence
fondamentale ; n 0 pour la transition v = 0 ® v = 1 (souvent la plus intense) et les harmoniques : n N = 2N, 3N, etc.
Le nombre de modes de vibrations dépend du nombre de degrés de liberté de la
molécule (3n - 5 pour les molécules linéaires, 3n - 6 pour les autres),
cest-à-dire du nombre datomes qui composent la molécule :
- Molécules diatomiques : 1 vibration dallongement
- H2O : 3n - 6 = 9 - 6 = 3 modes de vibrations : 1
élongation symétrique, 1 élongation antisymétrique, 1 déformation.
Remarque : on distingue les modes de vibration dallongement des modes de
vibration de déformation.
Interprétation d'un spectre
Le spectre IR s'étale en général de 4000 à 600 cm-1. Certains
spectroscopes descendent en dessous des 600 cm-1. De nombreuses bandes sont
dues aux différents modes de vibration des liaisons. Le spectre IR se complique encore
davantage à cause des harmoniques (overtone in english) et des résonances de Fermi.
Les harmoniques apparaissent à des fréquences qui sont des multiples de la vibration
fondamentale. Par exemple, la vibration de déformation de la liaison º
C-H des alcynes absorbe entre 610 et 700 cm-1. Et bien sur le même spectre on
observe un pic entre 1380 et 1220 cm-1 qui correspond à une harmonique.
Les pics attribués au résonance de Fermi sont dus à un couplage entre une fréquence
fondamentale et une harmonique.
Les zones principales
On peut compartimenter le spectre IR en trois zones.
- De 4000 à 1500 cm-1, on observe les bandes d'allongement des groupements
principaux : O-H, N-H, C-H, C=O, C=C.
- De 1500 à 1000 cm-1, on une partie plus complexe, qualifiée d'empreintes
digitales du composé. On y trouve les bandes de déformation, mais aussi les bandes
d'allongement C-O et O-H.
- Enfin, de 100 à 600 cm-1, on trouve les bandes caractéristiques des
structure éthyléniques ou aromatiques.
5.2. Les différents types de bandes
Sur un spectre IR, les bandes peuvent avoir différentes formes. On utilisera les
abréviations suivantes :
Tables d'identification des composés
organiques