La logique de la chimie : une histoire d'électrons
C'est au début du XXème siècle que les scientifiques
ont constaté que l'électron avait une place prédominante dans la chimie. Gilbert Lewis proposa dès 1916
un modèle d'une rare simplicité décrivant un mode de représentation des molécules.
Pour ceci, il postula (sans que rien pour l'époque ne puisse le justifier) que la liaison
chimique résultait de la mise en commun de deux électrons.
La notion de valence prenait alors une
autre signification : c'était devenu le nombre d'électrons seuls, non appariés, situés
sur la périphérie de l'atome.
Dès lors la chimie allait devenir l'univers des déplacements
d'électrons.
Réactions chimiques et électrons
Si les liaisons entre atomes sont faites de doublets d'électrons, et qu'une réaction
chimique casse les molécules et recombine les atomes, c'est que les réactions chimiques
sont des phénomènes purement électroniques. Ce raisonnement trivial va être à
la base de toute la chimie du XXème siècle, et est encore utilisée aujourd'hui dans la
plupart des cas (la chimie quantique viendra un peu "perturber" cette mécanique
bien huilée par Lewis et ses successeurs, mais elle ne viendra la compléter que dans
quelques cas particuliers). Le modèle
de Lewis reste la référence en matière de représentation à la fois des atomes,
des molécules, mais aussi des réactions et des mécanismes réactionnels en chimie.
Il est néanmoins certains que seul une description quantique de la molécule permet
une approche presque satisfaisante des phénomènes chimiques.
La logique de la chimie
La logique de la chimie devient alors flagrante lorsque les phénomènes deviennent
compréhensibles et interprétables. Nous venons de voir qu'une réaction chimique
implique des déplacements d'électrons, les électrons périphériques des atomes. Il
restera maintenant qu'à découvrir les différents types de réactions chimiques qui
existent, puis ensuite d'apprendre à les interpréter.
Les grands types de réactions sont :
- les réactions d'oxydo-rédution : échange d'électrons e-,
- les réactions acido-basiques : échange de protons H+,
- les réactions de complexation, de précipitation, de substitution :
échange de groupements ioniques ou moléculaires,
- les réactions d'élimination : départ de groupements d'une molécule,
- les réactions d'addition : greffe de groupements sur une molécule.
Quant à l'interprétation des phénomènes chimiques, elle repose sur trois aspects
que sont les contrôles stériques, de charge et orbitalaire.
La maîtrise de ces trois aspects permet dans une large mesure, car elle est difficilement
applicable à la chimie du solide apparentée à la physique de la matière condensée,
d'expliquer l'ensemble des réactions chimiques de l'univers.
- Le contrôle stérique repose sur l'étude des volumes occupés par les
atomes d'une molécule et donc sur l'impossibilité de certaines réactions par manque
d'accès au site réactif.
- Le contrôle de charge postule simplement que ce sont les interactions
entre des centres actifs de charge (entières ou partielles) opposés qui seront
préférentiellement activées.
- Le contrôle orbitalaire vient compléter la triade en disant que ce
sont les interactions entre deux orbitales atomiques ou moléculaires (de même signe,
d'énergie proche, de même symétrie et d'accès facile) qui seront favorisées, et
aboutiront à la création d'une liaison ou amorceront une réaction chimique.
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